altermag alter médine medine histoire culture graphisme malcolm x darfour soudan esclavage colonisation alternatif alternative magazine Le Monde a été divisé durant plus de quarante ans entre Capitalisme et Communisme, mais à la chute de ce dernier au début des années 90, le système Capitaliste n’avait plus à portée de main le contre-pouvoir qui lui permettait d’asseoir son idéologie. Puisque pour justifier sa politique auprès de l’opinion publique, le système Capitaliste a toujours eu besoin d’un « ennemi », quel qu’il soit, il a fait de l’Islam son adversaire privilégié. L’attention étant focalisée sur elle, l’image de cette religion de paix (Islam vient du mot « Salâm » - paix) s’en est trouvée affectée. En effet, dans nos médias, l’amalgame est vite fait entre musulmans et terroristes. Afin de mieux comprendre le contexte géopolitique actuel, abordons l’Histoire de la seconde religion la plus répandue dans le Monde, qui compte plus de 5 millions de fidèles en France et représente 1/5ème de la population mondiale. Il semble pertinent de revenir sur l’Histoire de l’Islam, de la naissance de son prophète Mahomet jusqu’à la scission en deux principaux courants Sunnite et Chiite, en passant par son expansion fulgurante jusqu’aux Terres d’Asie et d’Europe. Exposer dans un deuxième temps, les applications de cette religion dans le quotidien de ceux qui la pratique nous permettra de comprendre les musulmans afin de pouvoir vivre ensemble. En juin 622, le pacte d’Aqaba instaura un serment d’obéissance et de fidélité à Mahomet. Un mois plus tard, persécuté par les Quraychites, il partit de La Mecque pour Yathrib qu’il atteignit en Septembre. Et le 16 juillet, Yathrib devint Madînat Al-Nabî (Médine), ville du prophète ; C’est l’Hégire (Hidjra). Le calendrier musulman (Hijri : Calendrier lunaire composé d’années de 355 jours. Actuellement, les musulmans sont en 1427) démarra à cette date car l’Umma (la communauté musulmane) naquit ce jour. De 632 à 634, ce fut le califat (Le calife est le successeur, en l’occurrence, celui de Mahomet, il détient les mêmes pouvoirs que détenait le prophète, c'est-à-dire qu’il est le chef spirituel, militaire et politique de la communauté musulmane) d’Abû Bakr (1er Calife), digne successeur de Mahomet.A la suite de nombreuses insoumissions, il parvint à contrôler l’Arabie. Fort de cette occupation, il partit à la conquête de l’étranger. Il occupa la Palestine en juillet 634 excepté Jérusalem et Césarée, avant de mourir. A sa mort et jusqu’en 644, ce fut le califat de Umar Al-Khattâb (2ème Calife) qui parvint à étendre les frontières du Monde musulman jusqu’en Perse, en Syrie, en Irak ainsi qu’en Egypte. En 638, il prit Jérusalem, mais ayant passé un pacte avec le patriarche de la ville sainte, il gracia les chrétiens tandis qu’il en expulsa les juifs. Suite à l’assassinat du calife Umar, ce fut le califat de Uttmân ‘Affân (3ème Calife) qui débuta, et qui perdurera jusqu’en 656. A la tête d’un territoire de plus en plus vaste, certains problèmes commencaient à se poser, notamment sur les textes du livre Saint. C’est pourquoi vers 653, on assista à l’établissement du Coran (le livre le plus sacré des musulmans) par Zayd Ben Thabît qui comportait 114 sourates divisées en ayât (versets). En 656, le troisième calife est assassiné et c’est Alî (fils adoptif de Mahomet, et mari de la fille de Mahomet (Fâtima)) qui est proclamé 4ème Calife. Mais, étant impliqué dans le meurtre de Uttmân, le gouverneur de Syrie et membre de la famille du défunt, Muawiyya, se révolte. Il souhaite appliquer la loi du Talion aux assassins du Calife. La guerre civile durera jusqu’en 661, où Alî est assassiné à Kûfa. Les trois branches de l’Islam et leurs sous-groupes : Dès cette date, trois principaux groupes émergent au sein de la communauté musulmane : Les Sunnites (Ahl Al-Sunna) : Groupe musulman majoritaire. Ils suivent la Sunna (tradition) et acceptent par la même, la réalité de la victoire des Omeyyades (dynastie de califes gouvernant le monde musulman de 661 à 750, descendants de Abu Umayya, ils appartiennent à la tribu des Quraychites) c'est-à-dire, la victoire de Yazid en 680 et ont pour chef, « le meilleur des musulmans », le Calife (jusqu’en 1924, la chute de l’Empire Ottoman et la création de l’Etat de Turquie). Plusieurs groupes existent au sein des Sunnites, leur point de division concerne l’interprétation de la Loi islamique (la Charia), il y a donc les Hanafites, les Malikites, les Chafihites et les Hanbalites. Parmis ces derniers, il y a les Wahhabites apparus au XVIIIème siècle sous les préceptes de Mohammed Al Wahhab. Le Wahhabisme est la doctrine officielle de l’Arabie Saoudite. Le Salafisme (doctrine fondamentaliste islamiste revendiquant un retour à l’islam des origines) est issu de la doctrine Wahhabite. Les Chiites (Chi’At’Ali) : Ils prennent parti en pensant que c’est dans la descendance d’Alî (les Alides) que « le chef » (l’imam) de la communauté doit être pris. Vers 874, le 11ème imam (depuis Alî) Hassan Al Askari disparaît et les chiites duodécimains (plus important groupe chiite) attendent le retour du 12ème et dernier imam, le Mahdi (le Messie). Les Duodécimains sont majoritaires en Iran et en Irak d’où ils ont été persécutés par le régime du laïc Sunnite Saddam Hussein. En plus des duodécimains, il existe deux autres groupes principaux au sein des chiites Il y a les Zaïdites (qui contestèrent le 5ème imam auquel ils préférèrent son frère, Zaïd), et les Ismaéliens (qui contestèrent le 7ème imam (chiites septimains) auquel ils préférèrent Ismaïl). Parmis les chiites, il existe trois principales communautés, considérées par les musulmans comme des religions à part. Les Druzes et les Alaouites issues du chiisme ismaélien. Et les Bahaïs (tiré du nom de leur prophète, Baha Allah) proposant d’unir toutes les religions du Monde en leur sein. L’Islam possède un mouvement de mysticisme présent aussi bien chez les Sunnites que chez les Chiites. Ce dernier, dénommé Soufisme, a pour but de conduire le musulman à un degré de purification du cœur, à une sincérité spirituelle conduisant vers la voie de la connaissance de Dieu et de la sérénité de l’âme. Très peu d’aspirants à la voie spirituelle parviennent au bout de leur initiation. Celui qui arrive au but, dépouillé de son égo après avoir mené le Grand Combat prend le nom de Soufi. Les Kharidjites (Khawâridj) : Ils sont les plus radicaux des musulmans. Leur histoire débute à la suite de la défaite de la bataille de Siffin d’Alî face à Muawiyya en 657. Initialement fidèles d’Alî, ils le critiquèrent d’avoir accepté un arbitrage humain dans cette bataille qui causa sa perte. Plus tard, ils se rendirent responsables de l’assassinat d’Alî, ainsi que de celui de Muawiyya, et endurèrent en conséquence de sévères répressions. Les groupes extrémistes musulmans : A l’heure où une minorité de « musulmans » violents et bruyants centralise les craintes et la méfiance de « l’Occident », il semble primordial de comprendre la nature des mouvements dits radicaux en Islam. Face à l’occidentalisation du Monde, certains musulmans prônent un retour à la lettre du Coran (fondamentalisme) ou une radicalisation politique (islamisme) qui aurait pour but de sortir l’Islam du cadre intime (dans lequel la majorité des musulmans vivent leur foi) afin de voir leur foi definir les questions culturelles, sociétales, politiques et juridiques. Islamisme ne veut donc pas dire Terrorisme. D’ailleurs, la majorité des « occidentaux » ne craignent pas une islamisation de la société mais sont touchés par des risques d’attentats perpétrés par une minorité les rendant méfiants à l’égard d’une majorité pacifique et intégrée. Le premier mouvement islamique politique Sunnite naquit en Egypte en 1928. Hassan El Banna fonde Les Frères Musulmans, mouvement qu’il définit lui-même comme « Salafiste et Soufiste », mêlant donc une lecture de l’Islam conforme à celle des savants (« Salafs ») des premiers siècles avec le côté mystique de la religion. Ils revendiquent un retour strict aux préceptes du Coran et souhaitent la création d’Etats régis par la Charia pour contrer ce qu’ils jugent être la décadence des mœurs occidentales. Des branches sont créees dans plusieurs pays, ainsi Saïd Ramadan en Palestine combattra les organisations Sionistes et l’Etat d’Israël. Après l’assassinat de El Banna, la mouvance fondamentaliste Sunnite opère un virage vers la violence sous la houlette de Sayid Qutb, le « père » du terrorisme islamique. On explique ce virage par la lutte que mènent Les Frères Musulmans envers le régime de Gamal Abdel Nasser (président de l’Egypte de 1952 à 1970) qu’ils ont soutenu dans un premier temps avant d’être opprimés une fois le Raïs au pouvoir ; la violence pouvant être donc une forme de résistance, ou tout simplement l’expression d’une haine que Qutb a emmagasiné durant son séjour aux USA. De nombreux mouvements islamistes Sunnites se revendiquent des Frères Musulmans et de Sayid Qutb, que ce soit ceux qui ont assassiné Anouar El Sadate (successeur de Nasser) en 1981, ou les assassins du président algérien Mohamed Boudiaf en 1992. Le Hamas, groupe palestinien se revendiquant largement des Frères Musulmans, et considéré comme un groupe terroriste par certains pays fut fondé par Ahmed Yassine en 1989 sur des bases nationalistes palestiniennes et antisionistes. Ce « parti » est actuellement majoritaire au Parlement palestinien depuis les élections législatives de 2006. Le mouvement Al-Qaïda (« La Base ») fut fondé sur des bases Qutbistes et Kharidjites dans les années 80 par Oussama Ben Laden, et financé en partie par les Etats-Unis pour soutenir la résistance Afghane face aux Soviétiques jusqu’en 1989. Fondé en liens étroits avec Ayman Al Zawahiri, numéro 2 d’Al Qaïda et « tête pensante » de l’organisation, ancien membre des Frères Musulmans, la « mouvance » Al-Qaïda souhaite créer un Califat à travers tout le Monde Arabe, en expulser les non-musulmans, et souhaite détruire l’Etat d’Israël qu’elle considère comme « un outil pour maintenir la division de la Nation Arabe ». Cette « nébuleuse » orchestra de nombreux attentas kamikazes contre des symboles occidentaux comme le World Trade Center à New York le 11 Septembre 2001, Madrid en 2004 ou contre des symboles du judaïsme comme l’attentat contre la synagogue de la Ghriba de Djerba en 2002. Chez les Chiites aussi, il existe un groupe radical libanais nommé le Hezbollah (parti de Dieu) fondé en 1982 avec l’appui de la Syrie et de l’Iran suite à l’invasion israélienne du Liban. Aujourd’hui, le Hezbollah, présidé par Hassan Nasrallah, résiste à l’invasion d’Israël en lançant des attaques contre les forces militaires Israéliennes présentes sur le territoire libanais. Ces attaques ont abouti en juillet 2006, à la destruction des infrastructures du Sud Liban et à la mort de plus de 1000 civils libanais. Le Hezbollah joue un rôle social au Liban, en construisant des hôpitaux, des écoles et en aidant à la reconstruction des habitats détruits par l’armée Israélienne, ce qui lui vaut d’être fortement apprécié par la population locale.